La maison économe

Avec le nouveau choc énergétique qui secoue le monde, chacun va devoir réaliser des économies d’énergie. Voici quelques suggestions pour un habitat plus sobre mais toujours confortable : régulation, isolation, énergie solaire, économies d’eau ; petit tour d’horizon

La domotique pour réguler

Lorsque l’on parle économies d’énergie, on en vient très vite à discuter domotique, c’est-à-dire maison intelligente. Comme le souligne Vincent Sabot, gérant de la société DMV (Domotique Immotique du Velay), elle permet de gérer beaucoup de choses, à commencer par le chauffage : ainsi est-il possible de régler la température en fonction de sa présence, voir de prévoir une baisse automatique du chauffage dès que le téléphone mobile n’est plus détecté dans la maison. On peut aussi programmer à distance une remontée en température progressive (ce sont les piques de chauffage qui sont les plus coûteux) pour arriver dans une atmosphère tempérée.

Vincent Sabot suggère aussi qu’avec une station météo connectée il est possible de gérer automatiquement l’ouverture ou la fermeture des volets. Ces derniers s’abaisseront en période d’ensoleillement et de chaleur pour éviter à celles-ci de pénétrer dans la maison. Ou bien ils s’ouvriront en période de froid pour laisser entrer le soleil et la chaleur qui va avec. «Cela peut éviter de climatiser».

La domotique va également permettre de gérer l’éclairage, soit par le biais d’une temporisation, de la détection de présence, d’une programmation ou par l’intermédiaire d’un bouton placé près de la porte d’entrée et qui permet de couper tous les éclairages lorsqu’on part de la maison. Il en va de même avec l’extérieur en cas d’oubli d’extinction des lumières du jardin.

 

Enfin la domotique peut aussi permettre de gérer le chauffe-eau, le chauffe-eau solaire pour optimiser la production ou encore assurer la détection d’une fuite d’eau avec fermeture automatique d’une électrovanne afin d’éviter le gaspillage.

Réduire ses besoins en isolant

Le premier gain que l’on réalise est celui fait en ne dépensant pas. Et pour dépenser peu d’énergie (pour chauffer ou rafraîchir) il faut bien isoler sa maison. Lorsque son budget le permet, on envisagera des isolant biosourcés, telle la laine de bois, qui apportent une excellente performance thermique l’hiver et un bon déphasage l’été pour empêcher la chaleur de rentrer.

Avant toute autre chose, on commencera par isoler ses combles, avec des solutions sous rampant si on souhaite les aménager, ou avec de l’isolant projeté dans le cas de combles perdus. On poursuivra par l’isolation des murs, en privilégiant l’isolation par l’extérieur, plus efficace parce qu’elle permet de régler le problème des ponts thermiques. Ensuite viendra l’isolation des planchers bas, source de déperditions, et enfin on envisagera la pose de nouvelles fenêtres.

Qui dit isolation dit aussi ventilation. Pour des questions d’hygiène, de confort et de performance thermique, il est indispensable d’assurer une bonne ventilation du logement. Une VMC hygro B sera très bien. Mais pour ceux qui souhaitent atteindre un niveau de performance thermique encore plus élevé, une VMC double flux sera une source de confort et d’économies supplémentaires, moyennant un investissement sensiblement plus important…

Utiliser l'énergie du soleil...

Pour l’eau chaude sanitaire

Le chauffe-eau solaire est une solution simple à mettre en œuvre pour profiter de la chaleur solaire. Grâce à une technologie qui a fait ses preuves, il permet la production de 40 à 80 % des besoins moyens annuels d’eau chaude sanitaire d’une famille. Une proportion qui varie en fonction de la région où on se trouve et du dimensionnement de son installation.

Mais il est indispensable de bien connaître ses besoins en eau chaude sanitaire pour dimensionner correctement le dispositif dans son ensemble : à savoir le chauffe-eau solaire est la solution d’appoint qui couvrira les besoins non satisfaits par l’installation principale. C’est une solution à envisager car en moyenne, la production d’eau chaude sanitaire représente environ 12 % de notre consommation d’électricité.

Pour sa consommation électrique quotidienne

L’autoconsommation de tout ou partie de votre production électrique grâce aux panneaux solaires peut vous permettre de diviser par deux vos factures d’électricité. Vous pouvez choisir l’auto-consommation totale. Mais il vous faudra prévoir l’installation de batteries pour stocker l’énergie produite. Et cela ne vous dispensera pas, la plupart du temps, de devoir être raccordés au réseau et de souscrire un abonnement auprès d’un distributeur. 

Une solution intermédiaire peut être envisagée. L’autoconsommation avec revente du surplus. Cette option présente l’avantage non négligeable de donner droit à des aides spécifiques : un prix de vente avantageux du kWh (qui peut varier en fonction de la puissance de l’installation et de son intégration) et une prime à l’investissement qui varie selon la puissance de l’installation: 400kWc pour les installations dont la puissance est inférieure ou égale à 3 kWc et 300 € pour celles dont la puissance est comprise entre 3 et 9 kWc. Dans tous les cas il est indispensable de bien analyser au préalable vos besoins en matière de consommation électrique.

Economies de chauffage

La pompe à chaleur

Aujourd’hui, le mode de chauffage central le plus simple et le plus économique est la pompe à chaleur. Le principe est simple: on récupère des calories dans l’air extérieur, dans le sol ou dans l’eau, pour les redonner sous forme de chauffage dans la maison.

Et lorsque l’on consomme 1 d’électricité pour cette opération on rend l’équivalent de 3, 4 ou 5 sous forme de chauffage. D’où le caractère très économique de cette solution.
Trois technologies sont envisageables: la pompe à chaleur air/eau (on utilise les calories contenues dans l’air extérieur pour chauffer la maison), la pompe à chaleur géothermique (des capteurs utilisent les calories contenues dans le sol pour chauffer la maison), la pompe à chaleur aquathermique (on utilise les calories contenues dans la nappe phréatique pour chauffer la maison). La chaleur est restituée par l’intermédiaire des radiateurs ou d’un plancher chauffant basse température.

Le bois dans tous ses états

Le bois est également une solution intéressante pour chauffer une maison. Poêle à granulés, chaudière à granulés, chaudière bois bûche ou chaudière bois plaquettes (le plus économique), différentes options sont possibles. Et si le bois bûche et les plaquettes (bois déchiqueté) sont les solutions les plus avantageuses, les granulés, malgré la hausse de leur prix de vente, restent beaucoup moins cher que les énergies fossiles. Et il y a fort à parier qu’une fois le marché revenu à la raison, le prix de la palette retombera à des niveaux de prix attractifs

Économiser l'eau ça coule de source...

Installer un mousseur

Mousseur, réducteur, économiseur d’eau… peu importe l’appellation que l’on donne à ce petit appareil que l’on vient fixer en sortie de robinet. Sa fonction : réduire le débit d’eau tout en gardant la même efficacité pour le lavage ou le rinçage. En injectant de l’air dans l’eau, ce petit équipement peut réduire de 30 à 50% le volume d’eau en sortie de robinet sans modifier le confort en termes d’utilisation.

Un système équivalent pour la douche est également disponible. Dans ce cas on changera la pomme de douche dans son ensemble pour venir fixer à la place une nouvelle pomme, intégrant un mousseur et conçue pour apporter à son utilisateur un confort supplémentaire. Mais attention, cet équipement perd de son utilité si vous laissez couler l’eau en vous lavant les mains ou en prenant votre douche. L’installation de mousseur doit s’accompagner d’un écogeste: couper l’eau lorsque vous n’en avez pas besoin. Ainsi optimiserez-vous pleinement votre consommation quotidienne et réaliserez-vous de substantielles économies.

Récupérer l’eau de pluie

En dehors de celle que l’on ne consomme pas, l’eau la moins chère est celle que l’on ne paie pas. Alors si votre terrain le permet, vous pouvez faire installer une cuve de récupération d’eau de pluie. Techniquement, on distingue les cuves en béton et les cuves en polyéthylène. Selon vos besoins et le budget que vous êtes prêts à consacrer à ces systèmes, vous choisirez l’une ou l’autre. En sachant que la cuve béton (recommandée) neutralise l’acidité de l’eau. Par ailleurs, l’eau de pluie présente l’avantage de ne pas être calcaire.

 

Des branchements vont raccorder l’extrémité de la cuve aux différents équipements électroménagers de la maison ainsi qu’aux toilettes. Différents filtres permettront de traiter les métaux lourds et les bactéries (ex: filtration par filtre bactérien, par lumière UV ou par osmose inverse). En sachant qu’une famille de 4 personnes consomme environ 370l d’eau par jour (rien que pour les toilettes la consommation est de 40l/jour/personne).

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